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Synergies et antagonismes entre bien-être animal et environnement

Le LIT OUESTEREL étudie les synergies et antagonismes entre le bien-être animal et l’environnement des pratiques d’élevage en se concentrant dans un premier temps sur la production bovine.

L’impact environnemental de l’élevage suscite aujourd’hui de nombreux débats. Dans un contexte de durabilité des productions animales, il devient essentiel d’objectiver les liens entre environnement et bien-être animal afin d’éclairer les décisions.

Environnement et bien-être animal : un lien qui commence à être étudié

Le bien-être animal et l’environnement constituent deux piliers fondamentaux de la durabilité, tels que définis par le concept de One Welfare. Bien qu’ils fassent l’objet de nombreux travaux scientifiques, ces deux enjeux restent encore trop souvent abordés de manière distincte, contrairement au pilier économique, plus aisément analysé conjointement avec le bien-être ou l’environnement. Des démarches récentes visent toutefois à mieux les articuler, notamment par l’intégration d’indicateurs de bien-être animal dans des analyses de cycle de vie, ou par l’exploitation de bases de données issues d’outils évaluant séparément ces dimensions (Boviwell®, CAP2ER®) afin d’identifier des corrélations. Ces travaux mettent en évidence des tendances de systèmes multiperformants. Cependant, l’impact réel de certaines pratiques d’élevage reste encore insuffisamment objectivé, limitant la mise en œuvre et la prise de décisions de plans d’action opérationnels. Ainsi, ce projet vise à développer une méthodologie de terrain pour qualifier et quantifier les interactions entre bien-être animal et environnement dans les pratiques d’élevage. Cette dernière sera testée en élevage de bovins laitiers courant été 2026.

Principe de la méthode développée

Une enquête menée par le LIT OUESTEREL en janvier 2026 auprès d’une quinzaine de techniciens, chercheurs et éleveurs a montré qu’il n’existe pas de lien clairement établi entre l’environnement et le bien-être animal. Les synergies ou antagonismes associés à une même pratique varient non seulement selon la nature de cette pratique, mais surtout selon son niveau d’intensité de mise en œuvre, déterminé par les caractéristiques de l’exploitation, les conditions de mise en place et le savoir-faire de l’éleveur. 

A partir de ce constat, la méthodologie s’est construite selon deux phases : 

  1. Une étude qualitative, basée sur de la bibliographie et des dires d’experts, pour objectiver les tendances générales et les intérêts de la pratique d’un point de vue environnemental et de bien-être animal. 
    1. Une étude quantitative pour analyser concrètement dans 3 fermes du grand Ouest aux profils techniques différents (type de système, conduite du troupeau etc.), le lien entre environnement et bien-être et identifier, s’il existe, un point de bascule que nous définissons comme le niveau d’intensité d’une pratique à partir duquel augmenter ou diminuer cette intensité ne permet plus d’améliorer de façon significative l’environnement et/ou le bien‑être animal, voire commence à dégrader au moins une de ces dimensions de manière nette ou jugée critique. 

    Cette seconde phase se déroule en 3 étapes : 

    La première consiste à réaliser, pour chacune des trois fermes, un diagnostic environnemental à l’aide de l’outil CAP2ER niveau 2 ainsi qu’une évaluation du bien-être animal via un audit HAPPY. L’objectif est de caractériser la situation initiale des exploitations dans ces deux domaines et d’identifier les facteurs susceptibles d’influencer les résultats (contexte pédoclimatique, situation sanitaire du troupeau, conduite du troupeau, organisation du pâturage, niveau de technicité de l’éleveur etc.). 

    La deuxième étape se divise en deux parties. Sur le plan environnemental, des simulations CAP2ER sont réalisées pour chaque ferme et chaque solution étudiée, en faisant varier l’intensité de mise en œuvre des pratiques. Les résultats sont ensuite analysés à travers l’évolution de cinq indicateurs environnementaux : les émissions de gaz à effet de serre, les émissions d’ammoniac, les consommations d’eau et d’énergie, le stockage de carbone et la biodiversité. Concernant le bien-être animal, un panel d’experts évalue les simulations à l’aide d’une échelle qualitative allant de -3 (forte dégradation) à +3 (forte amélioration), afin de qualifier l’évolution de cinq indicateurs clés du bien-être animal (par exemple les boiteries, les mammites ou encore le comportement) par rapport à la situation initiale de l’exploitation. 

    Enfin, la troisième étape vise à croiser graphiquement les résultats environnementaux et ceux relatifs au bien-être animal afin de mettre en évidence les zones de synergies ou de tensions, et éventuellement d’identifier un point de bascule. Les résultats sont ensuite présentés et discutés avec l’éleveur. 

    Une méthodologie qui se veut généralisable  

    La méthodologie est d’abord testée sur deux pratiques en élevages de bovins laitiers qui sont :  

    Diminuer le taux de renouvellement
    Augmenter la durée du pâturage

    A la rentrée 2026, elle sera ensuite testée sur des pratiques en élevage de porcs. 

    Les premiers résultats seront publiés à l’automne 2026, restez connectés ! 

    Pour en savoir plus

    Rendez-vous dans quelques mois pour la suite du projet !

    21/05/2026