Au cœur du LIT OUESTEREL : La traque aux innovations vue par Julia

Dernière mise à jour : 14 févr.

En ce début d'année 2022, c'est Julia qui nous a fait le plaisir de participer aux missions du LIT OUESTEREL. Pendant ces quelques semaines avec nous, elle a travaillé à recenser les innovations mises en place sur le terrain, dans des fermes bovines. Depuis, Julia est retournée poursuivre ses études, et son stage l'a confortée dans son choix de travailler sur et pour le bien-être animal. Voici le témoignage de son expérience au sein du LIT OUESTEREL.

Merci Julia pour ton implication et la qualité de ton travail.


Julia en visite d'élevage bovin

J’ai pris part pendant un mois et demi à la mission de traque aux innovations, pour l’espèce bovine, en Loire-Atlantique. C’est une mission qui m’a beaucoup appris sur la notion de bien-être animal, et je suis très heureuse d’avoir pu apporter ma petite pierre à l’édifice de cette mission. La traque aux innovations est réalisée à la fois en allant sur le terrain découvrir des innovations mises en place par des éleveurs, et en faisant des recherches bibliographiques afin de se renseigner sur les derniers concepts développés par des professionnels. Bien que ces deux démarches soient complémentaires, j’ai rapidement pu me rendre compte qu’on en apprend bien plus sur le terrain en discutant avec les éleveurs, que derrière un ordinateur à lire des articles.


UN TRAVAIL DE LONGUE HALEINE

Dans un premier temps, j’ai pu m’appuyer sur les travaux d’une ancienne doctorante à ONIRIS[1] pour repérer des éleveurs proches de Nantes qui pratiquent l’élevage de veaux sous nourrice. Ça m’a permis de creuser cette pratique lors de trois entretiens, mais également d’en découvrir d’autres, car les éleveurs intéressés par le bien-être de leurs animaux ont souvent de nombreuses astuces ou méthodes à partager. En essayant de me détacher de cette liste de contact, par crainte de trop solliciter des éleveurs qui avaient déjà participé à une étude, j’ai pu me heurter à des difficultés pour trouver des contacts pertinents. Les éleveurs mettant en place des pratiques innovantes sont peu visibles. Et contacter directement des éleveurs dans les environs, en plus d’être fastidieux, peut être une source de stress pour ceux qui ont moins l’habitude d’exposer leurs pratiques, et qui peuvent être méfiants envers des associations.


ATTENUER LES CRAINTES DES ELEVEURS

Un des principaux motifs de refus qui m’était opposé était en effet la crainte de se voir « piéger » lors de l’entretien. Le LIT OUESTEREL est une association jeune, elle n’est donc pas encore très connue dans le monde de l’élevage, et peu d’éleveurs parmi ceux que j’ai contactés en avait déjà entendu parler, ce qui ne facilite pas la prise de contact - d’autant plus qu’expliquer succinctement le but et les actions de l’association n’est pas forcément très facile - La prise de contact et l’obtention d’un entretien a donc été un travail fastidieux, mais une fois cette étape passée, les entretiens ont été très agréables. Les éleveurs qui ont accepté de me recevoir étaient tous très ouverts à la discussion, et m’ont exposé leurs pratiques avec beaucoup de bonne volonté et de passion. La rédaction des fiches est ensuite un travail assez satisfaisant, en décrivant les pratiques le plus fidèlement afin qu’elles puissent être comprises par un lecteur à qui la méthode serait inconnue. Afin d’être exacte dans les verbatims, la rédaction des fiches était précédée d’une phase de retranscription complète de l’entretien qui avait été enregistré.


UNE DEMARCHE UTILE ET NECESSAIRE

Je pense que la mission de traque aux innovations peut réellement être utile à des éleveurs pour améliorer leur système d’élevage, mais cela dépendra beaucoup du mode de diffusion. Les fiches en elles-mêmes sont une très bonne idée, elles permettent de faire découvrir des pratiques peu répandues, mais elles apportent surtout des témoignages d’éleveurs qui ont testé ces systèmes d’élevage. Lorsque les pratiques ont été renseignées plusieurs fois, les agriculteurs pourront comparer les différentes méthodes et mieux comprendre ce qui pourrait fonctionner chez eux, et comment le réaliser. Les témoignages rapportent des évolutions de la technique, des erreurs qui ont été commises et réparées, et peuvent ainsi être d’une grande aide pour ceux qui vont les consulter.

Cette mission m’a montré qu’au-delà des intérêts économiques des différents acteurs de l’élevage, quasiment tous sont d’accord pour se diriger vers des filières plus respectueuses du bien-être animal. L’association est là pour aider dans ce cheminement, et trouver comment concilier les différentes attentes. Mon stage au sein du LIT OUESTEREL m’a conforté dans ma volonté de travailler dans le bien-être animal, et pourquoi pas un jour dans une structure similaire.


Julia, stagiaire du LIT OUESTEREL en 2022







[1] ONIRIS : établissement d'enseignement supérieur et de recherche du Ministère de l'agriculture et de l'alimentation qui forme aux métiers de vétérinaires et d’ingénieurs.

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